Systèmes d’information et banque en Afrique

J’ai eu le grand plaisir d’animer deux tables rondes lors de la quatrième édition de l’Africa Banking Forum les 17 et 18 mai derniers à Marrakech. Cette participation pour la troisème année consécutive a permis de prendre la mesure du dynamisme des banques du continent, si besoin en était encore.

Il a été particulièrement question desn ces deux panels d’innovation et de banque de détail, aux côtés d’Alexandre Kateb qui a promu des échanges et débats intéressants sur la situation actuelle des systèmes d’informations dans le domaine bancaire, les enjeux importants qu’ils représentent, mais aussi pour ce qui concerne le paiement sur mobile, sujet auquel la conférence a consacré un panel.

Innovation 

Les intervenants, représentant de banque (BMCE), de cabinet d’expertise externe (Oxéa) ou d’éditeur (sab) ont traité de l’innovation sous l’angle de la sophistication et de la modernisation des systèmes bancaires du continent, les pays ou les établissements s’influençant en mettant en œuvre des solutions souvent expérimentées par d’autres. L’exemple du plan de continuité d’activité a montré la complexité des thèmes à traiter.

L’exemple de la BMCE a été l’occasion de souligner à quel point les systèmes d’information sous-tendent aujourd’hui toute l’activité de la banque, et qu’il est nécessaire d’élaborer une stratégie globale, et de composer avec le temps, la flexibilité et la persévérance. Mais les systèmes d’information, au service du banquier, sont pris en étau entre l’objet de leur modernisation et les moyens qui leur sont consacrés. 

L’innovation doit être, comme les systèmes d’information, au service de l’activité du banquier. Elle est présente dans les systèmes d’information pour toutes les activités bancaires, mais également dans la filière espèce. 

Ces applications et bonnes pratiques se répandent à des rythmes différents dans les différents pays de la région, après certains pays précurseurs comme en Asie ou le Kenya pour les paiements sur mobile.

En la matière, les meilleures solutions sont souvent les plus simples : l’exemple de l’Inde a été cité, où a été rendue possible l’utilisation des distributeurs automatiques de billets par une population qui ne sait ni lire ni écrire.

 L’innovation doit répondre à un réel besoin, et non pas être l’effet d’une mode : pour preuve le développement du paiement sur mobile dans les pays à faible taux de bancarisation, plutôt que dans les marchés « matures » ou, autrement dit, « saturés ». 

Pour les banques africaines se pose la question de la concurrence faible entre les banques, où l’innovation, comme le financement des TPE-PME, peut apparaître comme un enjeu mineur pour des banquiers en situation de rente.

Mais le développement des groupes bancaires régionaux – marocains, en Afrique centrale – repositionne le contexte et justement dynamise le secteur et ses acteurs. 

Systèmes d’information et banque de détail 

L’évolution des systèmes d’information démontre que la période 1980-2010, que l’on qualifie de dérégulation, a été en fait celle du renforcement réglementaire, de règles toujours plus nombreuses, impactant fortement les systèmes d’information.

Les représentants d’établissement bancaire (BNP Paribas), de cabinet de conseil (Mazars) et d’éditeur (Sopra) ont mis en exergue le fait que les pays émergents disposent d’un champ des possibles important – une « page blanche » –, et donc d’autant d’opportunités, contrairement aux pays émergents dont les systèmes d’information sont largement déterminés par les développements des décennies passées, et les expériences accumulées, bonnes ou mauvaises d’ailleurs. Ces dernières sont source d’inspiration, y compris donc celles qui n’ont pas fonctionné, et pourquoi, comme le porte-monnaie électronique.

Les acteurs bancaires transnationaux sont facteurs de diffusion de l’innovation et de la modernisation dans les différents pays. Pour ce faire, le représentant de BNP Paribas a exposé l’approche adoptée, à la fois centralisée, dans une optique de mutualisation et d’optimisation des ressources, mais également en diffusant les bonnes pratiques locales dans ses différentes implantations.

Il est important aujourd’hui de chercher les points communs entre les acteurs impliqués – banquiers, prestataires, développeurs – et de déterminer les meilleures voies d’échange et de communication, à la fois entre les acteurs et entre les pays.

Dans la sous-région UEMOA, si le mobile banking a été identifié comme important, les systèmes d’information n’avancent pas à la vitesse souhaitée, par manque d’expertise.

 ***

 Le secteur doit aujourd’hui réussir la transformation de l’obligation de collecte et de traitement de l’information, base de l’activité du banquier, en opportunité. L’utilisation des données recueillies dans le cadre de l’obligation de reporting peut ainsi alimenter une meilleure connaissance du client (CRM).

 

 

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2 réflexions sur “Systèmes d’information et banque en Afrique

  1. « L’utilisation des données recueillies dans le cadre de l’obligation de reporting peut ainsi alimenter une meilleure connaissance du client (CRM)  » …. Les helvètes ont fondé leur république sur le secret bancaire; il va falloir batailler pour mettre en place un facebook bancaire 😉

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